Observations anthropologiques en cette longue journée de voyagement.
Première observation: les voyageurs du 6 septembre ne sont pas les mêmes que ceux du 10 aout. Beaucoup moins de familles. Et les familles ont des bébés qui ne vont pas encore à l’école.
8h, heure de Paris
Bord de mer pense qu’il me réveille. En fait j’étais
réveillée depuis 7h15 mais je refusais de me lever. J’ai comme des principes
peut-être un peu épais, mais me lever avant 8h, c’est un drame dans ma vie.
9h, heure de Paris
Je descends déjeuner. C’est toujours la même chose:
croissants, jambon, fromage. Il y avait des pommes et des bananes. Mais quels
fruits ennuyants! Le café était bien ordinaire… Je m’ennuie du café que je me
faisais à la maison, tant à Guipavas qu’à Chançay, avec l’espèce de petite
poche que je mettais dans la machine. Selon la poche achetée, ça faisait du bon
café.
10h20, heure de Paris
Je quitte ma chambre de l’hôtel IBIS Style de
Roissy-Charles-de-Gaulle. C’est vraiment la fin. J’ai trouvé le moyen
d’installer mon petit sac à dos sur ma valise (avec des sangles de La Cordée,
ça tient assez pour me rendre jusqu’à l’aéroport). Je prends donc ma deuxième
valise comme sac à dos. C’est un peu lourd, mais je vais survivre. C’est quand
même Tanguy qui s’est désolé que je sois chargée comme une mule, vendredi soir.
C’est que je ne voyage pas léger. En fait, je pourrais voyager léger si je ne
rapportais pas autant de souvenirs pour plein de monde!
10h50, heure de Paris
Je me pointe au comptoir d’Air Canada après un petit tour de
VAL et une pas si pire marche dans le terminal 2 de CDG (j’ai déjà marché pas
mal plus que ça! ) Comme il y a un vol pour Toronto qui part à 12h40, les
passagers pour Montréal doivent attendre. Alors, on s’entasse le long des
fenêtres et les pressés, eux, bloquent la circulation pour être les premiers à
déposer leur valise. Ça doit être les mêmes qui n’attendent pas que leur rangée
soit appelée pour entrer dans l’avion et qui se lèvent dès la consigne des
ceintures éteinte quand on arrive à destination.
11h05, heure de Paris
Les gens qui attendaient le long des fenêtres commencent à s’agglutiner avec les autres qui attendaient en bloquant la circulation. Il a fallu qu’une personne le fasse pour que le troupeau le fasse aussi.
11h57, heure de Paris
Tout est fait. Je suis assise à côté de la porte A51. J’ai
fait la ligne pour déposer mes valises (22kg et 12,5kg), j’ai passé le contrôle
des douanes et la sécurité, et j’ai même pris quelques minutes pour aller chez
Relay pour acheter un sandwich. Mais devant le pas-de-sandwich, j’ai acheté des
toutous. Cherchez surtout pas à comprendre, depuis le temps que vous me
connaissez!
13h15, heure de Paris
On a commencé l’embarquement. Les PMR, on a évidemment le droit
de rentrer avant tout le monde. En arrivant dans l’avion, je me suis dit que ça
allait prendre la veste à manches longues! Je veux ben croire que les gens réchauffent
l’ambiance, mais ça va prendre pas mal de monde! J’aimerais bien ça qu’il n’y
ait personne à côté de moi… Comme le billet est un peu plus cher (parce qu’il y
a dix centimètres de plus pour les jambes, centimètres qui changent vraiment ma
vie), je me dis que c’est possible… comme pas. Bon, ben non. Y’a une jeune
fille et un vieux monsieur avec plein de jambes (alors le choix des 10 cm
s’explique) qui sont venus s’assoir au 20A et 20B. Et juste pour vous dire: ça
s’est réchauffé pas mal. Si ça reste comme ça, je vais devoir enlever ma veste!
14h25, heure de Paris
Ça doit faire 10 minutes qu’on roule pour se rendre quelque
part, genre au bout d’une piste. À moins qu’on retourne à Montréal en roulant? Mes
écouteurs Bose sont ben bon pour couper le bruit des moteurs, mais ils ne
peuvent pas grand-chose pour les pleurs (que dis-je? Les hurlements) d’un très
jeune bébé deux rangées devant moi. Pauvre petit.
15h15, heure de Paris
(14h15, heure de Londres)
C’est l’heure du mettons diner. Avez-vous une idée des choix
qu’on a pour manger? Vous avez trouvé: du poulet ou des pâtes! J’ai pris le
poulet. C’était correct.
16h, heure de Paris
(15h, heure d’Irlande)
J’ai joué à un jeu de connaissances générales sur mon écran.
Comme c’est moi qui ai le meilleur score des passagers qui ont joué), je me dis
que je pourrais faire autre chose. Y’a aucun film qui m’intéresse (je suis
toujours ben pas pour regarder La Reine des neiges, même si je ne l’ai
jamais vu!). Alors, je travaille. Hier soir, l’hôtel m’a imprimé les 19 pages
de mon chapitre 7. Merci. Je travaille toujours comme ça: premier jet à
l’ordinateur, puis travail subséquent sur le papier. C’est ce que je fais,
donc. Être en classe sardine, je n’aurais même pas pu sortir des feuilles et un
crayon. Je vous jure: les 10 cm changent la vie!
17h24, heure de Paris
(13h24, heure d’Islande)
On est sous l’Islande. Ça progresse, notre affaire. Je me
dis que j’aimerais bien retourner en Islande, mais comme j’y suis allée deux
fois (à l’été 2017 et à l’hiver 2023), je vais plutôt me trouver des
destinations inconnues…
17h55, heure de Paris
(peut-être 12h55, heure du Groenland?)
On approche du Groenland. Qui est toujours le Groenland, pas
le 52e état américain.
19h20, heure de Paris
(12h50, heure de Terre-Neuve)
On est un peu plus au nord que prévu. On est entré sur la
terre ferme par Happy-Valley-Goose-Bay. Je ne peux pas dire que je me sens chez
moi, mais si on devait faire un arrêt à Gander pour gazer, je serais en pays de
connaissance! On va yinque à 880 km/h, simmonac. Il reste 1433 km à faire, en
1h48.
20h54, heure de Paris
14h54, heure de Montréal
On est à vingt minutes du toucher des roues. On descend. On
est au-dessus de Drummondville. On a ben ralenti: on va yinque à 610 km/h.
C’est fascinant de voir les chiffres de l’altitude et de la vitesse changer
rapidement. T’sais, au-dessus de l’océan, il se passe pas grand-chose: on fly à
950 km/h pis on reste à 36 000 pieds. Mais là, y’a de l’action! Les waitrisses
de l’air ont ramassé nos dernières cochonneries. Comme je ne suis pas sur le
bord du chassis, je ne pourrai pas voir mon quartier! À l’aller, je prends un
chiège A, pour être sur le bord du chassis pour dormir accotée pis voir si
jamais y’aurait des aurores boréales, mais j’en ai jamais vu. Au retour, je
prends un chiège C, pour pouvoir faire de quoi et avoir le bras droit lousse
dans l’allée!
15h24, heure de Montréal
Les taouins viennent de se faire dire dans les haut-parleurs de se rassoir et de
fermer les coffres au-dessus des têtes vu que la consigne des ceintures était
toujours allumée. On sent encore l’avion bouger, calvinisse. Calmez-vous bande
de taouins. Faque ils se sont rassis. Y’ont juste pas rattaché leur ceinture!
Ça doit être les mêmes qui n’étaient pas capables d’attendre pour déposer leur
valise il y a 8 heures!
17h10, heure de Montréal
J’ai récupéré mes deux valises et j’ai pris la navette pour
aller au stationnement A1, là où Pierrette, la mère de Michaël, doit venir me
chercher. J’ai choisi ce spot-là juste parce que c’est un peu plus loin de l’aéroport.
Parce qu’il y a là une circulation d’enfer. Le pauvre chauffeur de la navette
me disait qu’en temps normal, ça prend entre 7 et 10 minutes pour faire le trajet
qu’on a pris… 32 minutes à faire. Vivement la fin des travaux et l’arrivée du
REM qu’on arrête d’avoir l’air d’un aéroport de ticounes.
19h30, heure de Montréal
J’ai laissé Pierrette chez Mic (où était sa voiture), j’ai repris
possession des deux boites envoyées par la poste, j’ai fait un pit-stop à l’épicerie
pour avoir des œufs et du lait pour demain matin et je suis revenue chez moi.
Ouf. Ne vous inquiétez pas: tout est en ordre. Les draps ne sont pas lavés,
mais ils sont en tas (pliés!) devant la laveuse. C’est correct, je le savais.
Il reste un peu de bouffe dans le frigo. Je vide mes deux valises en attendant
la pidze que je me suis callée.
21h, heure de Montréal
(et donc, 3h du mat’, heure de Paris)
Je suis à boutte. J’ai le trout’cul en t’sours du bras. Mes
valises sont vidées (mais pas les boites), mes tas de lavage sont à terre dans la
cuisine, j’ai mangé ma pidze. Je pense que je vais aller me coucher!
C’est sur ces paroles sensées que prend fin mon si agréable séjour français de l’été 2026. Trois semaines en Bretagne et trois semaines dans le Val-de-Loire. Je repartirais demain. Bon, peut-être pas demain, j’ai du lavage à faire, mais mettons la semaine prochaine? Mais ça ne sera pas ça: j’ai de l’ouvrage qui m’attend…
J’arrêterai donc ce blogue (au grand déplaisir de Patricia…), mais le blogue principal continue, lui. J’y écris chaque fois que je pars, ou même quand je ne pars pas, si l’envie d’écrire sur les voyages me passe par la tête. Retournez-y, je vous y retrouverai!
Merci de m’avoir suivi, encouragé, questionné… J’ai eu beaucoup de plaisir à vous raconter mes aventures! C’est que j’aime ça, moi, aller sévir ailleurs!