J’avais des projets de visite, mais j’ai tout envoyé promener. Un genre de pas envie de sortir. J’ai diné dehors au soleil (il fait quelque chose comme 28) puis je suis rentrée pour travailler un peu sur mon cours. C’est là que la chienne m’a pris. J’ai plutôt taponné sur toutes sortes d’affaires, notamment sur mon petit voyage de demain (une folie, vous verrez) et le chapitre 7 de mon livre. Misère que j’ai de la misère à me remettre dedans. J’aurais besoin d’imprimer, mais je ne suis pas équipée pour ça ici. Alors, j’écris à l’écran, j’essaie de mettre des affaires en ordre… mais ça va devoir attendre à Montréal. J’ai ben de la misère à structurer une pensée et à déplacer des paragraphes quand je travaille à l’écran. J'ai besoin du papier. Je suis allée lire dehors, sous la pergola. Avouez que c’est une chouette place.
Je profite de la télé et de l’abonnement à je-ne-sais-pas-trop-quelle-application qui donne accès à tout plein de documentaires. J’ai regardé un documentaire sur Charles de Gaulle, un autre sur la défaite française de 1940, un sur le bombardement sur le Japon, puis un autre sur le débarquement en Normandie. Je trouve que j’ai de la suite dans les idées.
En soirée, j’ai été invitée chez Brigitte et Jean-Pierre pour l’apéro. Ce sont littéralement les voisins. Brigitte est venue me chercher en voiture alors que leur maison est peut-être à 200 mètres de la mienne?... J’aurais pu marcher! Ce que j’ai fait pour revenir, ne vous inquiétez pas.
Brigitte et Jean-Pierre (quelque part au début de 80 ans, je dirais) tiennent un «gite de France» depuis 25 ans. Un couple de la région de Toulouse est là pour la semaine, alors ils ont été invités à l’apéro eux aussi. Putaigne qu’ils ont un asssengne! La discussion a été bien animée autour des voyages, du vin, de la vie qui va vite. Ils travaillent dans un centre d’emploi, pour essayer de faire en sorte que les Français se retrouvent une job quand ils ont perdu la leur. Ce sont les mêmes difficultés que chez nous: diplôme insuffisant et méconnaissance de la technologie qui permet d’être un citoyen informé. Comment voulez-vous qu’ils se fassent un CV qui a de l’allure quand ils n’ont pas d’ordinateur et qu’ils savent à peu près se servir d’un téléphone un tant soit peu intelligent. Ils ont le téléphone, oui, mais ne savent pas comment utiliser les applications pour postuler sur des jobs, chercher un appartement ou faire leur rapport d’impôt. C’est la même chose que chez nous, finalement. J’ai raconté que Robert, le mari de mon amie Louise-Anne, s’occupait d’amener des jeunes de la rive-sud à Montréal pour qu’ils découvrent la ville. Et ce qui les traumatisait, c’était les escaliers mobiles. Ils n’avaient jamais vu ça avant. Faque même affaire en France et au Québec: les démunis sont les mêmes. Je me trouve chanceuse d'avoir pu faire des études, oui, mais je me trouve chanceuse de pouvoir jaser, comme ça, avec des Français inconnus que je rencontre parce que je suis ailleurs et que je fais un échange de maison.
J’ai marché pour revenir chez moi après l’apéro. J’avais beau avoir pris trois verres de vin, j’étais en masse capable de marcher! D’autant plus qu’il fallait que je ramène le bac de recyclage chez moi et que je m’occupe de mes poules.
Mes petites étaient déjà dans l’enclos, mais quand elles m’ont vu arriver, elles sont sorties en courant à ma rencontre. Vous dire que c’est drôle, une poule qui court! C’est pas trop élégant, mais ça a quelque chose d’affectueux. J’ai jasé un peu, je leur ai donné de la bouffe de table que Brigitte avait apporté plus tôt, elles sont entrées dans l’enclos et j’ai fermé la porte. À demain, mes cocottes.
D’ailleurs, je me demande bien qui a décidé que des poules, ça faisait cot-cot. Ça fait pas cot-cot pantoute!
Donc, on n'est pas les seuls vieux de 80 ans à faire partie de tes amis. On est très sympas, n'est-ce pas?
RépondreSupprimerTellement!
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