vendredi 31 juillet 2026

Deux villages

Coup de cœur de Sylvie en ce vendredi: Locronan. Moi, je savais qu’elle aimerait ça. J’avais vu le village en 1990, alors que monsieur Fouyet m’y avait amené pendant la fin de semaine que j’avais passé «au chalet» des Fouyet (simmonac de chalet, toi). J’avais fait un stage au Crédit mutuel de Bretagne en juin et juillet 1990 en échange d’un stage de son fils Ronan chez Desjardins. Ça s’appelait un échange de bons procédés. Faque je connaissais Brest (le stage était au bureau-chef du CMB, à Le Relecq-Kerhuon), je connaissais Quimper, je connaissais Locronan… en fait, je connais pas mal de place qu’on a sur notre liste pour les deux semaines où Sylvie est là. Mais je m’en fous pas mal. C’est cool, quand même, de revoir des trucs.

Faque Locronan, en ce vendredi midi. Joli petit village tout vieux, gardé «en l’état», là où il se tourne des films d’époque.

Quand on se stationne, on ne sait pas trop ce qu’on va voir au tournant de la rue qui vient du parking. Faque c’est ça.

Avouez que c'est plutôt vieux... et joli. On a erré dans les rues sales et transversales. Parce que c’est yinque beau. D’ailleurs, le village fait partie de deux associations: Petite cité de caractère et Plus beaux villages de France. C’est sérieux, ces deux labels-là. C’est que le village doit répondre à des impératifs d’environnement, de tourisme, d’accueil. Il y a, sur la grand-place, 14 maisons collées qui, à une époque lointaine, abritaient la compagnie des Indes dont on a entendu parler dans l’histoire de la Nouvelle-France. Toutte est dans toutte, c’est connu. 

Et au milieu de la grand-place, l’Église Saint-Ronan que je suis allée voir. Du vieux stock.

 

Deuxième village (ben, mettons que c’est plus une ville avec ses 21 000 habitants): Concarneau. Il y a une ville (pour loger les habitants, pas le choix…) et une ville close (qui sert essentiellement au tourisme, même si des gens habitent ce bout de ville où moi, je n’habiterais pas pantoute (Sylvie non plus, d’ailleurs).

On a commencé notre visite de la ville par les corniches qui longent le Golfe de Gascogne (un renflement de l’océan Atlantique) en faisant un tour de titrain touristique. C’est que c’était moins cher parce qu’on avait un rabais pour cause de tour de titrain à Quimper. On n’aurait pas eu le rabais qu’on aurait fait le tour quand même! La chauffeuse du train nous a bien fait rire en nous disant qu’on avait le tarif des moins de 18 ans…

Le bord de mer est fort joli. C’est plein de plages avec pas grand monde qui se baigne. Je me serais volontiers sacré dans l’eau si j’avais été à côté. Mais comme j’étais dans le train, je me suis retenue…

Le titrain nous a ramené au ras de la ville close. J’avais comme envie de voir ça, moi. Bon, c’est vu. Les remparts sont bien conservés, mais on n’a pas marché dessus (ce qu’on aurait pu faire). On s’est contenté de rester en bas, dans le stock touristique. 

Mais je me suis payée une part de kouign aman, le premier depuis mon arrivée en Bretagne. Maudit que c’est bon, ça. La recette? Pâte feuilletée, beurre, sucre, pâte feuilletée, beurre, sucre, pâte feuilletée, beurre, sucre… enfourné pour faire caraméliser le sucre. Vous dire que c’est gras et sucré… mais maudit que c’est bon!

 

Pour le reste, j’ai pas été impressionnée de Concarneau. Mais, comme d’habitude, je suis contente d’avoir découvert la place. Chus de même, moi. Je me réjouis d’être ailleurs, c’est toute.

*** 

J’ai oublié de vous raconter une anecdote qu’on rit encore, Sylvie et moi. Ça s’est passé mardi, lors de notre visite d’Océanopolis. Un moment donné, on a pris l’ascenseur. Jusque-là, rien de drôle (ben, en fait, l’anecdote est pas tellement drôle non plus…) On sort de l’ascenseur. Devant nous, une petite famille qui va entrer dans l’ascenseur. Papa a son fils d’à peu près 5 ans sur les épaules.  Tout à coup… bang!!! Papa n’a pas pensé qu’il était plus «grand», avec son fils sur les épaules et le fils vient de se prendre le haut de la porte de l’ascenseur en pleine face! C’est pas fin de rire du malheur du monde, mais on a trouvé Papa bien drôle de ne pas avoir pensé que Fiston ne passerait pas dans l’entrée de la cage d’ascenseur. Ça nous a permis de nous raconter toutes sortes d’histoires où des amis (pas nous, évidemment!) avaient oublié les vélos sur le toit de l’auto et avaient tenté d’entrer dans un stationnement souterrain, ou autre gnaiserie du genre. On s’amuse aux dépends des autres, finalement.

jeudi 30 juillet 2026

Du croche

C’est ça qu’on a vu aujourd’hui: du croche. Parce que ça a parti croche, notre affaire, ce matin. On voulait aller à Landerneau (qui est à 15 km de Guipavas) pis on s’est ramassées pas loin de Morlaix, à 55 km de notre point de départ. C’est comme rien, on a manqué la pancarte sur la route…

Faque on a décidé d’aller à Quimper pour commencer notre journée à la place. Kemper, en breton.

On a fait un tour de train touristique. Le bonheur! Mais, encore une fois, je suis critique (Sylvie l’est aussi…). Pas de choix de langue: tout se fait en français (tant pis pour les touristes – vous dire que c’est rempli de Néerlandais…) et pas d’écouteurs non plus (c’était plutôt dans des haut-parleurs… qu’on n’entendait plus quand il y avait de la circulation ou quand nos voisins – des Français – parlaient en même temps que la voix enregistrée). Bon, malgré ça, on aime ça, les tours de titrain touristiques!

Dans notre exploration de la ville, on a vu la Cathédrale Saint-Corentin. De toute beauté, malgré son croche. On a aussi vu un tas de vieilles maisons à pans de bois – c’est d’ailleurs pour ça qu’il faut venir à Quimper. Ça aussi, c’était croche.

La Steir, une des rivières qui traverse la ville. Faque ça prend plein de passerelles ou de ponts pour qu’on puisse accéder d’un bord pis de l’autre. Mais comme dans la partie ancienne de la ville, touttte se marche, ben on s’en rend pas trop compte qu’on passe sur un pont. Faut dire que la Steir, ben, c’est pas ben ben large.

L’Odet est un peu plus large, ne serait-ce que parce qu’elle reçoit ladite Steir.

Quand on préparait notre séjour breton, chacune de notre bord, je taponnais sur Gougueulemappe pour voir les distances entre une patente et une autre. Pis tout à coup, quessé que je vois pas à Quimper? Le jardin exotique de la retraite. Oui, m’sieudame. Il n’en fallait pas plus pour que je me dise qu’il fallait absolument que j’y aille. C’était un concept. Faque on est allées. Pis vous dire que c’est exotique… rapport que c’est rempli de bananiers, de palmiers, des plantes grasses qu’on est étonnées de voir à cette latitude, un bougainvillier. Et c’est aussi la retraite… parce que le parc est contigu à une maison de retraite et les tivieux (pis les titevieilles) sont poussés dans leur chaise roulante par du personnel et ils passent leur après-midi dans le parc. On a trouvé ça ben cool.

 

  

Conclusion? On a vu Landerneau à la fin de notre journée partie croche. Pis, au fond, c’était peut-être mieux de même. Il n’y avait qu’une seule affaire qu’on voulait voir à Landerneau: le pont de Rohan qui enjambe l’Elorn. D’un côté du pont, on est dans le Léon et de l’autre côté, on est en Cornouaille. Donc, pendant des siècles, les ponts étaient habités parce qu’ils faisaient la jonction entre les deux territoires. Le pont de Rohan est le seul qui est encore habité.

C'est le beau côté des habitations (on voit l'eau qui passe sous les arches)
C'est le côté en arrière des habitations

Ça a l’air d’une rue, mais croyez-moi, c’est sur le dessus d’un pont.

Pis, retenez que c’est à Landerneau que Édouard Leclerc a ouvert, en 1949, la première épicerie Leclerc qui va devenir, avec le temps, l’empire de la distribution et des épiceries E. Leclerc qui possède des commerces en France (évidemment) et dans d’autres pays européens, notamment l’Espagne, le Portugal ou l’Italie. Ça fait que si je vais à l’épicerie dans ces pays-là, je vais au Leclerc et je reviens avec un sac d’épicerie Leclerc, mais italien… Je capote. Bon, y’a pas de musée où est la première épicerie (y’a même rien), mais il existe un fonds muséal (pour l’art moderne) Hélène et Édouard Leclerc, à quelques pas. Mais on n’est pas allées. Il commençait à faire un peu froid (genre 20) et il pleuvassait un peu. Pis à 18h30, ça devait être fermé. Faque on est rentrées manger nos restants. Achetés chez Leclerc, d'ailleurs.

mercredi 29 juillet 2026

Des petits tours...

Le petit tour a commencé sous l’eau: on est allées voir Océanopolis, un immense terrain de jeu pour les biologistes marins. Tous les guides de voyages y mettent trois étoiles, un truc à ne pas manquer, quelque chose de magique. Bon, on se calme.

On a aimé ça, oui. Mais pas de wow. Comme a dit Sylvie, c’est classique comme exposition. Beaucoup de trucs à lire, rien d’interactif (comme au musée du Vin de Bordeaux). Heureusement, beaucoup d’aquariums où on a regardé, de façon hypnotique, des poissons. Autant je trouve insignifiant l’aquarium de la maison avec sa dizaine de petits poissons de rien, autant les phoques, les requins, les loutres et les poissons colorés, je trouve ça beau.

Mais après deux heures de visite, on en a eu assez, d’autant plus que la section sur les manchots est fermée pour cause de refurbichement. Je fus bien déçute, d’ailleurs. Ça m’aurait aidé à aimer peut-être un peu plus ma visite à l’océanopolis. 

Faque suite du tour: la pointe Saint-Mathieu, au bout de la péninsule. C’est le bout de la France continentale (hormis les iles), ce qui fait que c’est le plus proche du Québec. L’avez-vous senti? On a fait 45 minutes du char pour se rendre là, parce que ça nous tentait de voir ça. Au bout, un phare (yé!), une église en ruines, une petite église toute jolie mais fort vieille, du grand vent, du soleil (c’est limite supportable – on a 28). Pour visiter le phare, il fallait monter 163 marches… ce qu’on a pas fait. Y’a des limites à se faire mourir. Mais toute le kit autour était franchement intéressant. Un beau spot.

Les hydrangées sont normalement de toutes sortes de couleurs.
Mais là, avec la chesseresse, sont chesses...

Je reviendrai parce qu’il y a, à côté du phare, un musée dans un bunker allemand du temps de la guerre. Ledit bunker faisait évidemment partie du Mur de l’Atlantique. Selon la température, ça sera sans doute le mercredi 12 aout. Je ne vous dis pas pourquoi, mais je vous le dirai éventuellement.

Toujours la suite du tour: on a cherché comme des mongoles le phare du Petit Minou. On sait qu’il est en refurbichement et qu’il n’est pas accessible. Mais bazwell, les gens du tourisme pourraient toujours ben se forcer pour mettre des pancartes qui ont de l’allure pour les touristes qui cherchent des affaires. Pis évidemment, on a rien vu.

Remarquez les affiches peintes à la main...

Pendant le tour: j’ai acheté 10 cartes postales dans une biscuiterie (ils ne vendaient pas que des biscuits, de toute évidence. Une patente locale et une patente à touristes en même temps). J’arrive à la caisse. Pour aider la madame, je lui dis:
- J’en ai dix (disse).
- Madame?
 - J’ai disse cartes
- Ah, vous avez dicartes?
Je l’aurais égorgé. Ils m’énervent, les Français, quand ils font exiprès pour pas comprendre. Disse, simmonac. Qu’est-ce que tu veux que je te dise d’autres en te tendant un tipaquet de cartes postales? Pis j’étais toujours ben pas pour lui dire : « J’en ai di ». Fallait que je dise disse. Je les ai payé pis je suis sortie du magasin, sur le bord de bougonner.

Bon. Notre tour nous a ramené à la maison pour souper. Cool.

mardi 28 juillet 2026

On aime... (ou on aime un tipeu moins)

On aime.

La ville de Brest. Parce que, malgré qu’elle ait été détruite à pas loin de 100% lors de la Seconde Guerre mondiale et reconstruite en catastrophe dès la fin de 1944 pour accueillir de nouveau les habitants qui voulaient rentrer chez eux. Faque c’est un peu laitte. Mais malgré ça, avec ses 150 000 habitants (on ne les a pas compté, on se fie à ce qu’on lit dans nos documents), c’est une ville plutôt vivante.

Le soleil et le ciel bleu, pas si habituel à Brest. Il a fait un splendide (et même un peu chaud) 27 en ce mardi.

Le tramway en ville. Ben, j’aime le tramway, c’est tout.

La tour Tanguy. Détruite pendant la guerre, elle a été reconstruite elle itou. C’est dans l’entrée de la rade et du fleuve Penfeld. Il y a une exposition sur l’histoire de la ville et d’en haut, on voit la fin de la Penfeld et la rade.

Le pont de Recouvrance qui passe, évidemment, d’une rive à l’autre de la Penfeld. Comme il faut aussi qu’il laisse passer les gros bateaux ou des bateaux avec des mâts, il se lève dans le milieu. Mais pas de façon aussi spectaculaire que le pont Jacques-Chaban-Delmas de Bordeaux. Mais je dis ça à travers mon chapeau parce que je ne l’ai pas vu lever. Sur le pont passe le tramway de la ligne A. Mais pas dans des voies qui lui appartiennent. Les chars sont aussi sur les mêmes voies.

À cause de la Penfeld qui sépare la ville en deux, la ville a installé un téléphérique qui passe de la rive à l’autre. Étrange. On se demande si, dans les faits, c’est une patente à touristes ou bedon si le matin, y’a une heure de pointe pour des gens qui vont et viennent, pour aller travailler. 

 

 

De l’autre côté, les ateliers des Capucins reconvertis en ateliers communautaires artistiques. Une chouette place dans des anciens bâtiments de l’arsenal de Brest.


Le magasin Normal. Parce que j’aime ça, c’est tout. J’ai acheté des menthes pour les enfants. Ah oui, j’ai aussi trouvé le bureau de poste où j’ai scandalisé la jeune fille en lui disant que je voulais 100 timbres pour l’international.

Avoir diné à une terrasse, à l’ombre, sur la place de la Liberté. Le petit vent était immensément agréable et la crêpe, la première de ce séjour, était bonne. Compte tenu de l’histoire de la ville et de ses liens avec le défunt royaume de Siam, on s’est dit qu’il faudrait qu’on se trouve un restaurant thaïlandais pour honorer les bonnes relations internationales de Brest.

On aime moins.

Le fait que la cabine du téléphérique ne soit ni climatisée ni même aérée. Le soleil tapait sur les murs en verre (ou en plexi, fort probablement). On cuisait à l’étuvée là-dedans. Mais la vue était magnifique et je ne suis pas morte de peur.

On trouve que ça manque de verdure sur la rue de Siam.

La carte journalière des transports publics de la ville qui a été salement compliquée à valider. Mais une fois qu’on a compris comment, il ne nous restait yinque deux rides de tramway. Mais quand même, à quatre euros, on est en masse rentrées dans notre argent.