dimanche 6 septembre 2026

D'heure en heure...

Observations anthropologiques en cette longue journée de voyagement.

Première observation: les voyageurs du 6 septembre ne sont pas les mêmes que ceux du 10 aout. Beaucoup moins de familles. Et les familles ont des bébés qui ne vont pas encore à l’école.

8h, heure de Paris
Bord de mer pense qu’il me réveille. En fait j’étais réveillée depuis 7h15 mais je refusais de me lever. J’ai comme des principes peut-être un peu épais, mais me lever avant 8h, c’est un drame dans ma vie.

9h, heure de Paris
Je descends déjeuner. C’est toujours la même chose: croissants, jambon, fromage. Il y avait des pommes et des bananes. Mais quels fruits ennuyants! Le café était bien ordinaire… Je m’ennuie du café que je me faisais à la maison, tant à Guipavas qu’à Chançay, avec l’espèce de petite poche que je mettais dans la machine. Selon la poche achetée, ça faisait du bon café.

10h20, heure de Paris
Je quitte ma chambre de l’hôtel IBIS Style de Roissy-Charles-de-Gaulle. C’est vraiment la fin. J’ai trouvé le moyen d’installer mon petit sac à dos sur ma valise (avec des sangles de La Cordée, ça tient assez pour me rendre jusqu’à l’aéroport). Je prends donc ma deuxième valise comme sac à dos. C’est un peu lourd, mais je vais survivre. C’est quand même Tanguy qui s’est désolé que je sois chargée comme une mule, vendredi soir. C’est que je ne voyage pas léger. En fait, je pourrais voyager léger si je ne rapportais pas autant de souvenirs pour plein de monde!

10h50, heure de Paris
Je me pointe au comptoir d’Air Canada après un petit tour de VAL et une pas si pire marche dans le terminal 2 de CDG (j’ai déjà marché pas mal plus que ça! ) Comme il y a un vol pour Toronto qui part à 12h40, les passagers pour Montréal doivent attendre. Alors, on s’entasse le long des fenêtres et les pressés, eux, bloquent la circulation pour être les premiers à déposer leur valise. Ça doit être les mêmes qui n’attendent pas que leur rangée soit appelée pour entrer dans l’avion et qui se lèvent dès la consigne des ceintures éteinte quand on arrive à destination. 


11h05, heure de Paris
Les gens qui attendaient le long des fenêtres commencent à s’agglutiner avec les autres qui attendaient en bloquant la circulation. Il a fallu qu’une personne le fasse pour que le troupeau le fasse aussi.

11h57, heure de Paris
Tout est fait. Je suis assise à côté de la porte A51. J’ai fait la ligne pour déposer mes valises (22kg et 12,5kg), j’ai passé le contrôle des douanes et la sécurité, et j’ai même pris quelques minutes pour aller chez Relay pour acheter un sandwich. Mais devant le pas-de-sandwich, j’ai acheté des toutous. Cherchez surtout pas à comprendre, depuis le temps que vous me connaissez!

13h15, heure de Paris
On a commencé l’embarquement. Les PMR, on a évidemment le droit de rentrer avant tout le monde. En arrivant dans l’avion, je me suis dit que ça allait prendre la veste à manches longues! Je veux ben croire que les gens réchauffent l’ambiance, mais ça va prendre pas mal de monde! J’aimerais bien ça qu’il n’y ait personne à côté de moi… Comme le billet est un peu plus cher (parce qu’il y a dix centimètres de plus pour les jambes, centimètres qui changent vraiment ma vie), je me dis que c’est possible… comme pas. Bon, ben non. Y’a une jeune fille et un vieux monsieur avec plein de jambes (alors le choix des 10 cm s’explique) qui sont venus s’assoir au 20A et 20B. Et juste pour vous dire: ça s’est réchauffé pas mal. Si ça reste comme ça, je vais devoir enlever ma veste!

14h25, heure de Paris
Ça doit faire 10 minutes qu’on roule pour se rendre quelque part, genre au bout d’une piste. À moins qu’on retourne à Montréal en roulant? Mes écouteurs Bose sont ben bon pour couper le bruit des moteurs, mais ils ne peuvent pas grand-chose pour les pleurs (que dis-je? Les hurlements) d’un très jeune bébé deux rangées devant moi. Pauvre petit.

15h15, heure de Paris
(14h15, heure de Londres)
C’est l’heure du mettons diner. Avez-vous une idée des choix qu’on a pour manger? Vous avez trouvé: du poulet ou des pâtes! J’ai pris le poulet. C’était correct.

16h, heure de Paris
(15h, heure d’Irlande)
J’ai joué à un jeu de connaissances générales sur mon écran. Comme c’est moi qui ai le meilleur score des passagers qui ont joué), je me dis que je pourrais faire autre chose. Y’a aucun film qui m’intéresse (je suis toujours ben pas pour regarder La Reine des neiges, même si je ne l’ai jamais vu!). Alors, je travaille. Hier soir, l’hôtel m’a imprimé les 19 pages de mon chapitre 7. Merci. Je travaille toujours comme ça: premier jet à l’ordinateur, puis travail subséquent sur le papier. C’est ce que je fais, donc. Être en classe sardine, je n’aurais même pas pu sortir des feuilles et un crayon. Je vous jure: les 10 cm changent la vie!

17h24, heure de Paris
(13h24, heure d’Islande)
On est sous l’Islande. Ça progresse, notre affaire. Je me dis que j’aimerais bien retourner en Islande, mais comme j’y suis allée deux fois (à l’été 2017 et à l’hiver 2023), je vais plutôt me trouver des destinations inconnues…

17h55, heure de Paris
(peut-être 12h55, heure du Groenland?)
On approche du Groenland. Qui est toujours le Groenland, pas le 52e état américain.

19h20, heure de Paris
(12h50, heure de Terre-Neuve)
On est un peu plus au nord que prévu. On est entré sur la terre ferme par Happy-Valley-Goose-Bay. Je ne peux pas dire que je me sens chez moi, mais si on devait faire un arrêt à Gander pour gazer, je serais en pays de connaissance! On va yinque à 880 km/h, simmonac. Il reste 1433 km à faire, en 1h48.

20h54, heure de Paris
14h54, heure de Montréal
On est à vingt minutes du toucher des roues. On descend. On est au-dessus de Drummondville. On a ben ralenti: on va yinque à 610 km/h. C’est fascinant de voir les chiffres de l’altitude et de la vitesse changer rapidement. T’sais, au-dessus de l’océan, il se passe pas grand-chose: on fly à 950 km/h pis on reste à 36 000 pieds. Mais là, y’a de l’action! Les waitrisses de l’air ont ramassé nos dernières cochonneries. Comme je ne suis pas sur le bord du chassis, je ne pourrai pas voir mon quartier! À l’aller, je prends un chiège A, pour être sur le bord du chassis pour dormir accotée pis voir si jamais y’aurait des aurores boréales, mais j’en ai jamais vu. Au retour, je prends un chiège C, pour pouvoir faire de quoi et avoir le bras droit lousse dans l’allée!

15h24, heure de Montréal
Les taouins viennent de se faire dire dans les haut-parleurs de se rassoir et de fermer les coffres au-dessus des têtes vu que la consigne des ceintures était toujours allumée. On sent encore l’avion bouger, calvinisse. Calmez-vous bande de taouins. Faque ils se sont rassis. Y’ont juste pas rattaché leur ceinture! Ça doit être les mêmes qui n’étaient pas capables d’attendre pour déposer leur valise il y a 8 heures!

17h10, heure de Montréal
J’ai récupéré mes deux valises et j’ai pris la navette pour aller au stationnement A1, là où Pierrette, la mère de Michaël, doit venir me chercher. J’ai choisi ce spot-là juste parce que c’est un peu plus loin de l’aéroport. Parce qu’il y a là une circulation d’enfer. Le pauvre chauffeur de la navette me disait qu’en temps normal, ça prend entre 7 et 10 minutes pour faire le trajet qu’on a pris… 32 minutes à faire. Vivement la fin des travaux et l’arrivée du REM qu’on arrête d’avoir l’air d’un aéroport de ticounes.

19h30, heure de Montréal
J’ai laissé Pierrette chez Mic (où était sa voiture), j’ai repris possession des deux boites envoyées par la poste, j’ai fait un pit-stop à l’épicerie pour avoir des œufs et du lait pour demain matin et je suis revenue chez moi. Ouf. Ne vous inquiétez pas: tout est en ordre. Les draps ne sont pas lavés, mais ils sont en tas (pliés!) devant la laveuse. C’est correct, je le savais. Il reste un peu de bouffe dans le frigo. Je vide mes deux valises en attendant la pidze que je me suis callée.

21h, heure de Montréal
(et donc, 3h du mat’, heure de Paris)
Je suis à boutte. J’ai le trout’cul en t’sours du bras. Mes valises sont vidées (mais pas les boites), mes tas de lavage sont à terre dans la cuisine, j’ai mangé ma pidze. Je pense que je vais aller me coucher!

C’est sur ces paroles sensées que prend fin mon si agréable séjour français de l’été 2026. Trois semaines en Bretagne et trois semaines dans le Val-de-Loire.  Je repartirais demain. Bon, peut-être pas demain, j’ai du lavage à faire, mais mettons la semaine prochaine? Mais ça ne sera pas ça: j’ai de l’ouvrage qui m’attend…

J’arrêterai donc ce blogue (au grand déplaisir de Patricia…), mais le blogue principal continue, lui. J’y écris chaque fois que je pars, ou même quand je ne pars pas, si l’envie d’écrire sur les voyages me passe par la tête. Retournez-y, je vous y retrouverai!

Merci de m’avoir suivi, encouragé, questionné… J’ai eu beaucoup de plaisir à vous raconter mes aventures! C’est que j’aime ça, moi, aller sévir ailleurs!

samedi 5 septembre 2026

Que dire?

C’est la dernière journée de ce long (un peu, mais pas tant que ça) séjour en France. Six semaines: trois semaines en Bretagne (dont deux avec Sylvie) et trois semaines dans le Val-de-Loire, toute seule comme une grande. Qu’est-ce que j’aime la France. Je ne me tanne pas. 

Après une nuit un peu toffe à l’hôtel (le lit était super confortable, mais allez savoir pourquoi, j’ai passé la nuit à me réveiller sans arrêt), gare de Saint-Pierre des Corps.

Un petit bout de train (ben, presque 2 heures quand même) entre Saint-Pierre des Corps et l’aéroport Charles-de-Gaulle. J’aime ça, vous le savez. 


Je vais commencer par chialer. Je ne comprends pas toujours la SNCF. Remarquez que la compagnie française vaut tellement plus que Via Rail! Quand je pense que Éric et Marie, mes Français, vont se taper le train entre Montréal et Toronto aujourd’hui même, je ne les envie pas. Ils vont voir l’horreur du service ferroviaire au Canada. Et dire qu’on gosse pour le TGV dans le corridor Québec-Toronto! Quiconque a pris le train en Europe sait que c’est un service essentiel! Bon, mon chialage du jour sur la SNCF, c’est qu’il me semble qu’il devrait y avoir des trains mieux conçus pour mettre les bagages, surtout quand le train passe par l’aéroport! Le train que j’ai pris est parti de Bordeaux et se dirige vers Lille (je vous jure: mes deux amours, bout à bout), avec un arrêt à CDG. À Saint-Pierre, inutile de vous dire qu’il ne restait aucun trou libre pour une valise! Et on a été une bonne vingtaine de personnes à entrer dans la voiture 3 (j’allais écrire wagon 😉…). Au-dessus des têtes, pas assez d’espace pour mettre même un petit sac à dos. Faque les valises sont dans le chemin de tout le monde.

Je continue à chialer (ne craignez pas, ça va me passer). Pas mieux en sortant du VAL à CDG, en direction de mon hôtel. Je sais que c’est beau, les pavés, mais c’est une marde quand on roule une valise. C’est qui qui a pensé à faire ça de même? Sûrement pas quelqu’un qui a roulé une valise ou qui s’est déjà promené en chaise roulante!

Pourquoi y a-t-il du tapis encore partout dans les hôtels? Encore une fois, une valise à roulettes roule super mal sur du tapis.

Je m’installe au restaurant de l’hôtel. J’en profite pour faire des observations anthropologiques. Y’a un type qui veut un verre de vin «normal». Parce que chez lui, il met son vin dans un verre à eau et là, il est scandalisé qu’on lui serve son vin dans une coupe, avec deux centimètres de vin au fond. Il rouspète, et le serveur un peu à boutte, lui apporte une demi-bouteille et un verre à eau. Il a rempli son verre à peu près jusqu’en haut. Au moins, il n’a pas coupé son vin avec du sevenoppe.

Qu’est-ce que je retiens de tout ça, alors que je suis dans une chambre d’hôtel IBIS (Style, quand même!) à l’aéroport de Paris et que je m’apprête à revenir à Montréal demain?

Crêpes, moules, huîtres (une seule fois, c’était pas la saison encore), cidre, kouign aman. De la crègne glacée à toutes sortes de saveurs.

Toutes sortes de poissons, des légumes (oui, oui – quand ça goûte pas le carton, j’aime ça, des légumes!) et des fruits (du cantaloup, des pêches, des abricots qui goûtent les abricots pas la farine). Mais j’ai hâte d’être au Québec pour manger du blé d’Inde!

Des diners ou des soupers au resto. Des déjeuners et des soupers à la maison. Avec des œufs de poule.

Des nuits à l’hôtel. J’aime toujours les IBIS. Pas trop d’âme, mais un rapport qualité-prix difficile à battre. Je ne dirai rien sur les déjeuners un peu répétitifs.

Des châteaux. Des vieilles villes. Des maisons croches que je me suis sérieusement demandée comment ça tenait encore debout et comment, dans l’appartement, les portes pouvaient fermer.

Des tours de tramway. Des tours de titrains touristiques. Des marches et des marches, des milliers de pas (que je n’ai pas compté!). Des sandales un peu écœurées de la vie.

Normal et ses petits pots de petites menthes.

IKEA et ses boulettes.

Primark et ses bobettes.

Des moustiques, bâtard. Je me suis fait piquer, mais je les ai aussi entendu me voler dans les oreilles. Ça, c’est un grand calvaire.

Du soleil pendant 5 semaines. À peine quelques jours de température chaude. J’ai pu dormir tous les soirs. Quelques jours de nuages et un peu de pluie dans la dernière semaine. Le gazon, les champs et les vignes étaient contents.

Des tours de train. De tours de machine. 2500 km à la Honda Jazz bretonne de Jean-François. 3000 km à la Peugeot 2008 de Marie.

Deux semaines avec Sylvie. C’est chouette, le partage.

Quatre semaines toute seule. Mais avec des gens qui s’inquiètent pour moi autour: Anne-Cécile, Tanguy, Brigitte et Jean-Pierre.

Des poissons dans un aquarium. Des poules dans une cour. Je me suis beaucoup plus attachée aux poules qu’aux poissons!

Des cartes postales. Au-delà d’une centaine.

Un blogue. Avec une soixantaine d’entrées, écrit tous les soirs. Pour vous. Avec plaisir.

Ne partez pas tout de suite: je vous raconterai ma journée de voyagement de demain, d’heure en heure, comme d’habitude.

vendredi 4 septembre 2026

Petit vendredi de fin de séjour

Vendredi de fin de séjour. Lavage du lit. Lavage des serviettes. Faisage de valise. Une chance que j’ai envoyé deux boites à Laval parce que je ne sais pas… en fait non, ça n’aurait juste pas rentré. Peut-être que ça aurait rentré si j’avais dézippé l’extension de la valise. «Mais non. Julie, arrête de te faire des accroires!»

J’ai travaillé sur mon chapitre 5, j’ai commencé à choisir les photos que je vais mettre dans mes albums, j’ai diné avec des restants, j’ai écrit un mot à Éric et à Marie que j’ai laissé sur la table, j’ai arraché les moustiquaires IKEA que j’avais installé dans les fenêtres, j’ai rempli la mangeoire des poules avec les graines appropriées… et j’ai appelé les poules pour qu’elles reviennent dans leur enclos, alors que j’attendais Tanguy qui est venu me chercher. J’ai soupé chez Anne-Cécile et Tanguy, parce qu’ils m’avaient invité samedi dernier. Je pense qu’ils trouvaient que je faisais pitié de souper près de la gare de Saint-Pierre des Corps (faut dire que l’endroit n’est pas particulièrement touristique…). Qu’est-ce que je suis chanceuse, moi, de rencontrer des gens si agréables.

Quelques observations de mon coin de pays, en finissant cette journée.

C’est le temps des vendanges. Trois ou quatre semaines avant la date habituelle. Ce qui fait que j’ai vu passer des drôles de tracteurs dans les vignes autour de ma maison. Les vendanges se sont mécaniquement, par un secoueur: le tracteur (le secoueur) brasse les plans de vignes et les raisins tombent dans des bacs de chaque côté du secoueur. Sur le plan, il reste la grappe, avec pu de raisins dessus.


La ville aux dames.

Petite ville entre Chançay et Tours d’à peu près 5000 habitants. C’est vraiment le nom de la ville. Elle a toute une particularité: toutes ses rues portent un nom de femme. Oui, oui. Je vous jure. Jeanne d’Arc, Simone de Beauvoir, Anne Frank, la comtesse de Ségur, madame de Pompadour, Elsa Triolet, Eugénie Grandet, Laure de Balzac, Madeleine Renaud… Des femmes que je connais et d’autres que je ne connais pas. J’ai trouvé ça infiniment touchant.

Des départements.

La Mayenne, la Sarthe, l’Indre et Loire, le Loir et Cher, le Maine et Loire, l’Indre et la Vienne : les sept départements que j’ai fréquenté. Un tout petit peu des Deux-Sèvres et de la Charente-Maritime.
Je pourrais aussi ajouter les départements bretons : le Finistère, le Morbihan, les Côtes-d’Armor, l’Ille et Vilaine et un tout petit peu de Manche.
Donc, 14 départements fréquentés. Ça m’émeut quand je conduis et que devant moi se profile une pancarte qui dit que je change de département. Je me trouve exotique.

Je suis à l’hôtel Kyriad, en face de la gare de Saint-Pierre des Corps. Demain, je prendrai le train pour l’aéroport de Paris. Ça sent la fin.

jeudi 3 septembre 2026

Sortie extraterritoriale

J’avais comme une drôle d’envie, au printemps, quand je préparais ce séjour français: aller manger de la crègne glacée chez Ernest à La Rochelle ou aller diner chez Sylvain et Isabelle, à Vélines (pas ben loin de Bordeaux). Dans les deux cas, c’était une folie, mais ça serait une belle balade en train.

Au début de la semaine dernière, Isabelle et moi avons échangé quelques messages: malheureusement, pas possible d’aller virer à Vélines, ils sont en vacances! Ils reviennent demain, ce qui n’est pas une bonne journée pour moi, la dernière que je passe à Chançay.

Alors, j’ai décidé de faire la folle et d’aller manger une crègne glacée à La Rochelle en ce jeudi. Parce que c’est bon, mais surtout pour faire chier mes amis. Et peut-être parce que je m’ennuyais du bord de la mer?

Donc, ce matin…

  • Lever avec Bord de mer qui me réveille sur mon téléphone
  • 25 minutes de char de Chançay à Saint-Pierre des Corps.
  • 32 minutes de TGV de Saint-Pierre des Corps à Poitiers. 15 minutes d’attente entre deux trains. Tout se passe sur la voie 1. On ne s’énerve pas.
  • 1h30 de TGV de Poitiers à La Rochelle, avec des arrêts à Saint-Maixent, Niort et Surgères. J’ai souri, quand même, quand on s’est arrêté une minute à Niort. C’est plate en tipépère comme place. J’ai quand même regardé avec effroi les zongues d’orteil de la madame chinoise assise en face de moi.

Elle fait comment pour mettre des souyers?

Je suis arrivée à La Rochelle à 12h26 comme prévu. Qu’est-ce que j’aime cette ville. Surtout quand il y fait un soleil radieux et 25 degrés.

 

Je la trouve ben belle, la gare de La Rochelle

Je me suis rendue sur le port, là où sont les touristes et les tripeux. 

Mon premier plan était de diner. Je me suis donc installée à une terrasse où j’ai mangé des moules au curry.  C’était ben bon. Pis encore une fois, je me trouvais ben chanceuse de pouvoir être assise à cette terrasse, à manger des moules avec un verre de vin, le premier jeudi de septembre…

J’ai exploré un petit bout de La Rochelle que je connaissais (c’est quand même la 5e fois que je viens manger de la crègne glacée chez Ernest!): deux fois en mai 2024 alors que j’étais venue donner une formation à Rochefort, une fois en avril 2025 alors que j’étais venue donner une formation à Niort, puis à l’été 2025 avec Sylvie, petit stop de rien du tout entre Pornic et Bordeaux. Puis, cette folie alors que je crèche à 250 km de là. 

Pis un autre tibout que je ne pensais pas connaitre. Faque v’la les mêmes photos que d’habitude (je ne me tanne pas de trouver ça beau) et des photos d’endroits que je ne pense pas avoir déjà fréquenté. Mais je peux être mêlée, quand même…

La façon de dire «véhicules faiblement émissifs» m'a fait sourire
L'église Saint-Sauveur a des liens avec le Québec!

Je n'ai jamais vu cette bibliothèque ouverte!
Le vieux marché

Évidemment, je me suis ramassée chez Ernest. C’était le but du wéyage. J’ai diné juste à côté, ce midi, et le comptoir était fermé. Mais très très fermé. Alors, dans un moment de panique, j’ai demandé à une jeune fille qui travaillait à la boutique, en face, à quelle heure le comptoir ouvrait… Ouf. Ça ouvrait à 13h. 

Alors, vers 15h, je me suis pointée chez Ernest. Et dans mon tibol (ben, plutôt gros bol): nougatine et café au fond. Peut-être le moins intéressant (mais bon pareil!). Caramel à la fleur de sel. Une jouissance. Sur le dessus : abricot et pavot. Une autre jouissance. Ça goutait les abricots, c’est pas des jokes. Les vrais de vrais abricots, là. Pas une patente chimique. À part le orange sur le dessus, ça manquait de couleur dans mon bol. Mais qu’est-ce que la couleur quand le gout suscite des orgasmes?

Même Dieu aime Ernest…

 

Ce qui a fait dire à Jérôme (celui qui m’a fait découvrir Ernest), à qui j’ai envoyé la photo, que c’est parce que ça goute le ciel. Je suis d’accord.

Presque 2h de train, pas TGV pantoute, entre La Rochelle et Poitiers. Arrêts à La Jarrie, Aigrefeuille-le Thou, Surgères, Mauzé, Niort, La Crèche, Saint-Maixent, La Mothe-Saint-Héray, Pamproux, Rouillé, Lusignan et finalement, Poitiers. Ça s’appelle soit une ronne de lait, soit un train de banlieue éloignée. C’est un train TER, donc pas de première classe et pas de place réservée. Une chance que je suis arrivée tôt pour pouvoir avoir une place assise… sinon, j’aurais dû passer ben du temps debout, dans l’entrée du train.

20 minutes entre les deux trains. Qui s’est allongé en 40 minutes pour cause de retard du train. À cause d’un train de marchandises stâlé sur la voie 3, on a été obligé de courir pour prendre le train: on était sur la voie 4 et finalement, le train (en provenance de Bordeaux) est arrivé sur la voie Z. Les employés de la gare nous ont quand même bien accompagné: «Ne courez pas, le train ne va pas partir sans vous!»

Encore 30 minutes de TGV entre Poitiers et Saint-Pierre des Corps.

Encore 25 minutes… oups! Non. J’ai étiré ça en 50 minutes parce que j’ai essayé de revenir de Saint-Pierre des Corps sans demander au GPS du char, mais je me suis perdue. Pas ben grave, remarquez.

Ne me demandez pas combien mon escapade m’a couté. Je trouve que pour trois boules de crègnàglace, c’est un peu cher. Mais comment résister à Ernest?

mercredi 2 septembre 2026

Une tite journée tranquille

J’avais des projets de visite, mais j’ai tout envoyé promener. Un genre de pas envie de sortir. J’ai diné dehors au soleil (il fait quelque chose comme 28) puis je suis rentrée pour travailler un peu sur mon cours. C’est là que la chienne m’a pris. J’ai plutôt taponné sur toutes sortes d’affaires, notamment sur mon petit voyage de demain (une folie, vous verrez) et le chapitre 7 de mon livre. Misère que j’ai de la misère à me remettre dedans. J’aurais besoin d’imprimer, mais je ne suis pas équipée pour ça ici. Alors, j’écris à l’écran, j’essaie de mettre des affaires en ordre… mais ça va devoir attendre à Montréal. J’ai ben de la misère à structurer une pensée et à déplacer des paragraphes quand je travaille à l’écran. J'ai besoin du papier. Je suis allée lire dehors, sous la pergola. Avouez que c’est une chouette place.

Je profite de la télé et de l’abonnement à je-ne-sais-pas-trop-quelle-application qui donne accès à tout plein de documentaires. J’ai regardé un documentaire sur Charles de Gaulle, un autre sur la défaite française de 1940, un sur le bombardement sur le Japon, puis un autre sur le débarquement en Normandie. Je trouve que j’ai de la suite dans les idées.

En soirée, j’ai été invitée chez Brigitte et Jean-Pierre pour l’apéro. Ce sont littéralement les voisins. Brigitte est venue me chercher en voiture alors que leur maison est peut-être à 200 mètres de la mienne?... J’aurais pu marcher! Ce que j’ai fait pour revenir, ne vous inquiétez pas.

Brigitte et Jean-Pierre (quelque part au début de 80 ans, je dirais) tiennent un «gite de France» depuis 25 ans. Un couple de la région de Toulouse est là pour la semaine, alors ils ont été invités à l’apéro eux aussi. Putaigne qu’ils ont un asssengne! La discussion a été bien animée autour des voyages, du vin, de la vie qui va vite. Ils travaillent dans un centre d’emploi, pour essayer de faire en sorte que les Français se retrouvent une job quand ils ont perdu la leur. Ce sont les mêmes difficultés que chez nous: diplôme insuffisant et méconnaissance de la technologie qui permet d’être un citoyen informé. Comment voulez-vous qu’ils se fassent un CV qui a de l’allure quand ils n’ont pas d’ordinateur et qu’ils savent à peu près se servir d’un téléphone un tant soit peu intelligent. Ils ont le téléphone, oui, mais ne savent pas comment utiliser les applications pour postuler sur des jobs, chercher un appartement ou faire leur rapport d’impôt. C’est la même chose que chez nous, finalement. J’ai raconté que Robert, le mari de mon amie Louise-Anne, s’occupait d’amener des jeunes de la rive-sud à Montréal pour qu’ils découvrent la ville. Et ce qui les traumatisait, c’était les escaliers mobiles. Ils n’avaient jamais vu ça avant. Faque même affaire en France et au Québec: les démunis sont les mêmes. Je me trouve chanceuse d'avoir pu faire des études, oui, mais je me trouve chanceuse de pouvoir jaser, comme ça, avec des Français inconnus que je rencontre parce que je suis ailleurs et que je fais un échange de maison.

J’ai marché pour revenir chez moi après l’apéro. J’avais beau avoir pris trois verres de vin, j’étais en masse capable de marcher! D’autant plus qu’il fallait que je ramène le bac de recyclage chez moi et que je m’occupe de mes poules.

Mes petites étaient déjà dans l’enclos, mais quand elles m’ont vu arriver, elles sont sorties en courant à ma rencontre. Vous dire que c’est drôle, une poule qui court! C’est pas trop élégant, mais ça a quelque chose d’affectueux. J’ai jasé un peu, je leur ai donné de la bouffe de table que Brigitte avait apporté plus tôt, elles sont entrées dans l’enclos et j’ai fermé la porte. À demain, mes cocottes.

D’ailleurs, je me demande bien qui a décidé que des poules, ça faisait cot-cot. Ça fait pas cot-cot pantoute!


mardi 1 septembre 2026

Pour le coucher du soleil

Comme j’ai enseigné tout l’après-midi, j’ai pas pu partir de chez moi avant 18 heures. Bof, pas grave. Ça m’a permis, ce matin, de commencer à me ramasser un peu parce que mine de rien, ça achève mon affaire.

Une fois ramassée, j’ai pu donner mon cours en ligne, alors que Michaël était sur place pour gérer la patente. Ma face sur l’écran de la classe et moi qui voyais à peu près toute la classe. C’était drôle: les étudiants avaient pu regarder une petite vidéo sur Moodle où je me présente, et là, ils arrivent en classe et c’est Mic qui est là. Euh? Madame Roberge? Même si c’était le premier cours, on les a déjà brassé un peu… pis à la fin, quand les 36 étudiants ont été partis, on s’est dit, tous les deux, que bazwell qu’on fait une belle équipe! Dommage qu’on n’ait pas la chance d’enseigner ensemble souvent…

J’ai mis le cap sur Vendôme à 18h30 pour aller souper, au coucher de soleil, dans la partie piétonne que j’avais vu samedi, en passant, sans y être entrée. Paniquez pas: c’est à 40 minutes de chez moi! Pfff. C’est quoi, 40 minutes de char pour aller souper? En fait, j’étais venu un peu par hasard, sur la route du retour de Montoir-sur-Loir. J’ai donc décidé de revenir pour souper, puisque c’est le seul temps qui me reste. Je vous le dis: ça commence à sentir la fin, même s’il me reste encore 5 dodos. Bien contente de mon choix. J’ai marché dans la section des commerces (la partie piétonne) même si tout était fermé parce que je suis arrivé un peu passé 19h. Ça m’a pris une bonne heure pour faire le tour. J’ai pu prendre quelques photos parce que c’est ben beau, surtout au coucher du soleil.

Mine de rien, c'est la bibliothèque municipale...

C’est après que je me suis ramassé dans le restaurant qui s’appelle Le moulin du Loir parce que c’est à côté de la rivière, le Loir, tiens. C’est pas ben large comme cours d’eau pis j’imagine qu’il y a un moulin à l’autre bout parce qu’il y avait l’air d’avoir effectivement une petite chute que j’ai entendu pendant mon souper. Je suis sur une super belle terrasse.


Ça m’a pris 1000 ans avant de décider quoi manger: j’avais envie de feuilleté d’escargots, de poêlée de lotte et Saint-Jacques, de tournedos Rossini avec foie gras poêlé, de rognon de veau Forestier, de pavé de saumon. J’ai finalement pris le tournedos Rossini, avec une entrée de feuilleté d’escargots. Ça semblait parfait… sauf que le service était pas fameux.

 

Je suis arrivée vers 20h20 et j’ai eu mon entrée à 21h. J’avais des cartes postales à écrire (les dernières), mais une fois la job finie, je n’ai pas eu le choix d’espionner la conversation de mes voisins. En face, papa, maman, fille 10 et fille 6 d’un autre pays. Ou à tout le moins qui parlent une langue que je ne connais pas. Genre ukrainien. De toute évidence, le couple était en train de se chicaner. Je suis pas pire dans la communication pour comprendre le ton, même si je comprends pas la langue. 

 

Puis, à côté de moi, deux gars dans la quarantaine. Un médecin généraliste dont les enfants venaient tout juste d’entrer à l’école ce matin même, et un type qui travaille dans la pub et qui part au Sénégal cette fin de semaine, pour trois semaines de vacances avec femme et belle-mère. Et il fume, le gars de la pub. Au moins, il fait attention pour fumer de l’autre côté, mais ça sent pareil. Je vous ai déjà dit à quel point je suis flabeurgastée que les Français fument à ce point. Cigarette et vapoteuse. Comme je suis flabeurgastée de la surabondance de voilà dans le discours des Français. Ça veut juste rien dire.
«Tu vois, son père, c’est comme euh… voilà.»
«Je te dis, quatre mois et le message est… voilà.»
«Ils ont les noms, donc voilà.»
«C’est chic mais c’est… voilà.»
«Comme en Italie, ils ont merdé et les autres, ben voilà»
«C’est bien con, tu vois, et voilà»
C’est toujours distrayant d’écouter aux tables…

Ça m’a pris pas loin de 50 minutes pour rentrer chez moi, d’abord parce que je me suis trompée de route et que ça m’a rallongé un brin, mais aussi parce qu'aucune route (même dans les villages) n'est éclairée. Rien. Niet. Pas pantoute. J'ai tourné sur un coin de rue, dans un village, et RIEN n'était éclairé. Il faisait tellement noir... Alors, évidemment, je roule un peu moins vite.

J’étais contente de retrouver mes poules en arrivant. C’est qu’avant de partir, je n’avais pas pu les enfermer dans leur enclos: je les avais appelé, mais elles n’étaient pas revenues, à 18h30. Je craignais le renard, évidemment. Ben, en arrivant, à 23h, je suis allée voir dans le poulailler et elles étaient là toutes les trois, à attendre la nuit, je suppose (est-ce que ça dort en se fermant les yeux, une poule?). J'ai fermé la grille de l'enclos la tête tranquille.