samedi 25 juillet 2026

D'heure en heure, le départ...



Petite journée presque tranquille mais remplie d’un million de petits cossins à faire pour cause d’échange de maison. Si je ne faisais que partir, je n’aurais pas à faire tout ça. Mais là, parce que des Français vont débarquer chez moi, pas le choix! Ménage du fridge et du congélo (qu’est-ce que j’ai trouvé au fond des tablettes…), laver draps et serviettes, installer le lit gonflable dans le bureau, réparer une latte du store vertical de la cuisine, nettoyer le four et mettre du nouveau papier d’aluminium dans les cuves de ronds de poêle, mettre mes dossiers personnels dans le classeur qui se barre (et oublier de le barrer!), vider des tiroirs de linge dans la commode de la chambre… une chance que j’avais commencé dans les derniers jours sinon je n’y serais pas arrivée aujourd’hui! 
 
16h, heure de Montréal 
J’ai activé la e-sim Orange achetée cette semaine, j’ai descendu le compost, le recyclage et les vidanges puis la valise, le sac à dos et la sacoche. J’ai donné mon fond de fridge à Lise, ma voisine. Je pars. 
 
16h45, heure de Montréal 
Quesséça, cette heure-là??? J’avais prévu 1h30 de chez moi jusqu’au parking à la réoport. Comment ça, pas de trafic sur l’autoroute métropolitaine en plein vendredi fin d’après-midi? Faque j’ai 45 minutes à niaiser, vu que mon parking est payé à partir de 17h30. Je suis allée regarder décoller des avions en attendant! 
 
17h45, heure de Montréal 
Le char est parqué. Je suis dans la navette qui va m’amener au terminal. Après avoir jasé avec Aurélie et Jean-François, on s’est dit que ça serait moins de trouble pour moi d’aller à Dorval en char et moins cher (et moins long) pour eux de récupérer le char dimanche en arrivant. Faque. La navette est pognée dans le trafic pour sortir du stationnement (c’est une plaie, la circulation a Dorval) mais aussitôt la voie de trafic traversée, on a une route juste pour les navettes! Le bonheur! 

 
18h15, heure de Montréal 
J’ai déposé l’enveloppe pour Aurélie et Jean-Francois à la consigne et ma valise est partie dans les entrailles de YUL. Mais la machine qui imprime le tiquette de valise n’a pas imprimé ma carte d’embarquement. Branle-bas de combat!!! Le monsieur qui est au comptoir d’aide voit ma canne et décide, derechef, que j’ai besoin d’assistance. Tiens toué. Ben non, pas tant que ça. J’ai juste un peu de mal à être immobile, c’est tout. Faque imaginez-vous donc que j’ai eu droit à la chaise roulante poussée par une gentille préposée d’Air Canada et j’ai court-circuité toute les lignes pis j’ai rien montré, la carte d’embarquement montrée par la préposée m’ouvrant toutes les portes. Elle m’abandonne dans la section internationale avec ma chaise roulante, à ma demande. C’est que je voulais aller souper, moi. Sinon, j’aurais été pognée pour attendre dans la salle d’Air Canada jusqu’à l’heure de mon embarquement en m’autodigérant. J’ai mis mon sac à dos sur le siège et je pousse la chaise! C’est juste un peu encombrant! 
 
19h15, heure de Montréal 
J’ai encore 1h30 avant l’embarquement. Je vais donc me ruiner à l’Auberge St-Gabriel pour souper. 
 
20h30, heure de Montréal 
Je suis assise dans ma chaise roulante, au comptoir d’embarquement. Le type vient de dire que l’avion va être ben plein et demande à du monde d’enregistrer leur bagage de cabine en soute. L’avion vient d’arriver, y’a du ménage à faire et y’a déjà du monde qui attend déjà en ligne pour entrer dans l’avion. Ça doit être les mêmes qui se lèvent avec le feu au cul dès que la consigne des ceintures est éteinte. 
 
21h, heure de Montréal 
Je ne me souvenais pas d’avoir acheté un siège préférence en janvier, avec mes points RBC. Les 10 cm de plus pour les jambes seront les bienvenus. 
 
Mais comme on peut pas toute awouère, j’ai un montant de fenêtre sous mon bras gauche, drette mal placé. Sans ce montant, j’aurais eu 2-3 cm de plus à gauche. Coudon? Chus-tu en train de me plaindre, mouâ? 
On gèle. Le Boeing 777 d’Air Canada se remplit tranquillement. Y’a un monsieur qui sent le parfum de fleurs pas loin de moi. J’espère qu’y’en n’aura pas trop d’autres de même. Mais je préfère cent fois (même mille fois) plus le parfum aux fleurs que la vieille cigarette. 
On part. 
 
21h40, heure de Montréal
Dieu aurait pu exister. La waitrisse de l’air en chef vient d’annoncer que la porte est fermée et il n’y a personne à ma droite. Mais la pauvre femme toute seule au 19C va faire venir son mari, installé dans une autre rangée. Zut. Quand la waitrisse de l’air lui a demandé de pousser son snatchel sous le siège, elle l’a fait bien mollement… pis c’est là que j’ai vu un petit chien dans le sac, un genre de très petite moppe. Dans la rangée 18, une petite fille d’à peu près 4 ans me regarde sans cesse, entre les deux chièges. Je trouve qu’elle a un regard perçant et insistant. J’espère qu’elle va arrêter de me fixer, ça commence à être gênant. 
 
22h, heure de Montréal 
On survole Laval. Je ne me tanne pas de trouver ça beau, ce tas de petites lumières qui témoignent de la vie terrestre. 
 
M’est d’avis qu’on va avoir un bon vent de dos parce que les infos de la carte interactive dans mon écran disent qu’on va mettre 5h50 jusqu’à Paris. Ça va faire une nuit courte! 23h, heure de Montréal Ils ont fait ca chortènesweet, le service du souper (j’ai peut-être cette impression parce que je suis à la rangée 19. Faudrait demander au gens de la 45 s’ils pensent la même chose). Et ils pensaient vraiment que j’allais manger une salade aux brocolis??? 
En tout cas, mon royaume pour 10 centimètres! C’est fou, l’espace que ça donne de plus. Je sais: ça donne 10 centimètres. Mais c’est beaucoup, 10 centimètres pour un espace de chiège d’avion! Mon bonheur aura quand même duré 1h30. Ma voisine est allée chercher son mari. C’est elle qui a pris le chiège du milieu et, avec son déménagement, le sac transportant Pitou. Ça fait qu’elle a les jambes écartées et nos jambes sont collées l’une sur l’autre. Je vais essayer de dormir un peu, parce que vous dire que la liste des films à regarder est pathétique… Rien, mais rien d’intéressant! Je ne suis toujours ben pas pour me taper La Reine des Neiges! J'ai pas envie d'avoir délivrée, libérée dans la tête le reste de la journée...
 
2h, heure de Montréal 
8h, heure de Paris 
J’ai changé l’heure de ma montre. Je n’ai pas mis les bons souliers pour prendre l’avion: c’est de slip-in de Sketchers super confo… sur Terre. Dans les airs, à cause de la pression, ils sont devenus beaucoup trop serrés. Alors, je les ai enlevé… en me disant que ça ne sera pas de la tarte à remettre (je sais, c’est des souliers, pas de la tarte…) On approche des côtes de l’Irlande. C’est mon écran de tévé qui dit ça. En bas, c’est yinque des nuages. Mais c’est beau en tipépère. Le lever du soleil est commandité par Air Canada. 
 
 
J’ai jasé un peu avec mes voisins (des Français de Rouen, en Normandie) pendant la chose qu’ils nous ont servi pensant que c’était un déjeuner. Ils sont venus au Canada (ils ont insisté!) pour voir leur fils qui habite à Brossard. C’était la première fois qu’ils prenaient l’avion et, de toute évidence, faire garder le chien n’était pas possible. 
 
9h29, heure de Paris 
Le commandant vient d’annoncer qu’on va atterrir dans 30 minutes. On a commencé la descente et le personnel de bord s’active pour ramasser. C’est qu’ils ont été obligés d’arrêter un peu tout à l’heure, alors qu’on survolait l’Angleterre, à cause de turbulences modérées. Heureusement, ça n’avait pas duré. Ne vous inquiétez pas; j’ai pu remettre mes souliers. 
 
10h30, heure de Paris 
Vingt minutes après le toucher des roues, je suis devant le carrousel et j’attends ma valise. Faut dire que ça aide d’être à la rangée 19, d’avoir une canne qui permet de court-circuiter la ligne des gueux, et de débarquer à une porte pas trop loin des douanes. C’est la première fois que je viens dans le }?>€+^{\|}##?£¥=^ d’espace Schengen depuis l’instauration de l’accueil électronique. Facile. Le douanier a scanné mon passeport puis m’a demandé de mettre ma main sur un lecteur-enregistreur d’empreintes digitales. Le tour est joué. Jusqu’à la prochaine étape prévue à l’automne. 
 
11h35, heure de Paris
Je suis installée chez Paul à la gare de l’aéroport. Ça commence vraiment à être une habitude! Je me trouve drôle. Et je me trouve pleine de préjugés. Derrière moi, chez Paul, un Québécois d’une cinquantaine d’années à qui je n’ai pas envie de parler: des tatous de femmes plein les bras, une camisole en filet (il me semble que ça fait 1000 ans que ce n’est plus à la mode), des muscles (pour montrer ses tatous) et des bijoux en or. Tout ce qui m’énerve d’un gars. Je m’installe à une table. En face de moi, tout ce qui m’énerve d’une fille d’une cinquantaine d’années: des babines refaites (les totons aussi), des faux cils jusqu’à demain (des zongues itou), une camisole qui laisse voir les bretelles de brassière, des djewels en or, une teinture blonde à refaire pis une jupe vraiment trop courte. Je me passe silencieusement le commentaire qu’ils iraient bien ensemble, tous les deux. Ben bazwell, le type est venu s’assoir en face d’elle. C’est sa blonde. 
 
12h07, heure de Paris 
Je suis assise voiture 11, place 143, en haut. J’ai laissé ma valise en bas: je n’avais pas le courage de la monter au 2e, d’autant plus que j’ai mon sac de Paul et mon latte dans ma main gauche. Je ne sais pas si c’est le café ou la température, mais je sue ma vie. Chus toutrempe. Pendant mes 50 minutes passées à la gare, j’ai dû entendre autant du petit jingle qui annonce un départ ou une arrivée de train. C’est le petit jingle que j’ai téléchargé et qui m’annonce un texto! Je souris chaque fois. Et quand le train part, je me rejouis d’être dans le sens de la marche, au moins jusqu’à Rennes. 
Disons-le: je rêve (encore un peu plus) d'un TGV entre Québec et Montréal...

15h30, heure de Rennes (rassurez-vous, c’est la même heure que Paris!) 
Je suis installée au café Richard de la gare de Rennes. Je me disais qu’un café, même si on est au milieu de l’après-midi, ça ne pouvait pas faire de tort pour finir ma journée. Je suis lessivée. Vous dire que mon linge me tombe sur les nerres et que je prendrais une douche drette là… Faut dire que la tasse de carton du café chez Paul, à CDG, n’était pas étanche et m’a toute splashé ça dessus. Faque mon chandail est tout taché de gouttes. J’ai l’air un peu salope. Tout à l’heure, en entrant à la gare, je me suis mise en quête d’une toilette. J’ai refait connaissance avec la madame Pipi, sauf que là, c’était un monsieur Pipi. Pis, une fois dans la toilette, je me suis faitune remarque qui va faire sourire Francis et Stéphanie: c’était la première fois que je baissais mes culottes depuis que je me suis habillée, chez moi, hier après-midi! Je vois à quel point ça vous intéresse!… 
 
16h35, heure de France (soyons inclusif) 
Deuxième ride de TGV de la journée, cette fois entre Rennes et Brest. Encore une fois, je suis assise dans le sens de la marche. Mais je trouve que je ne vois pas grand-chose. Et je trouve aussi que les chièges du train sont trop penchés vers l’arrière. Ça me prendrait un coussin, moi qui aime être assise carré, le dos bien droit. Je conduis comme ça aussi. 
 
18h45, tonnerre de Brest! 
Me v'là. Enfin.
 

Aurélie est là pour venir me chercher. Cool. On s'en va à la maison.
 
0h13, heure de Brest
Je suis lessivée. J'ai passé la soirée avec Jean-François, Aurélie, Mathis et Samuel qui s'en viennent chez moi. C'est leur première traversée de l'Atlantique. On a passé une chouette soirée. Je pense qu'on pourrait être des amis... si on arrêtait de se vouvoyer. 
J'ai dépaqueté un peu, j'ai pris ma douche, j'ai mis le blogue à jour... et je me pieute. Je trouve que mes 36 dernières heures ont été bien remplies! Mon corps a envie de dormir, je pense. Mais comme les épiceries ferment à 12h le dimanche, va falloir que je mette le cadran à sonner demain matin!
 
Allez... toutttte va ben. 

3 commentaires:

  1. Pour le ménage de l'appartement, c'est l'occasion de faire ton grand ménage, des fois on a besoin d'un incitatif. Le pire du voyage est passé, que du beau à venir.

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  2. En lisant la description du gars(tatoué a la camisole en filet)et de la fille(a la jupe courte), j’étais certaine que c’était un couple… moi aussi, je fais tout pour pas qu’on me parle…

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