J’aurais pu vous parler de Montoir-sur-Loir, de l’histoire de sa gare dans l’Histoire du monde. Parce que c’est dans cette gare que le 24 octobre 1940, le maréchal Pétain (chef du gouvernement de la France pendant la guerre) et Adolf Hitler se sont serré la main pour sceller un genre de pacte de collaboration. De cette rencontre, il ne reste qu’une seule photo.
| C'est ici que ça s'est passé. |
La rencontre a eu lieu à la gare de Montoir-sur-Loir parce qu’elle était sur la ligne entre Paris et Hendaye, en Espagne, où Hitler devait rencontrer le général Franco. Autre demande du chef allemand : qu’il y ait un tunnel où son train pourrait se cacher, advenant une attaque aérienne. Le tunnel de Saint-Rimay, à trois kilomètres de la gare de Montoir, était tout à fait adéquat.
Alors, la rencontre a donc eu lieu. Elle a scellé la collaboration de la France (par le régime de Vichy) avec l’occupant allemand. Et je suis étonnée que la gare de Montoir ne soit pas classée monument historique. Oui, il y a un petit musée dans la gare, mais c’est tenu par trois bénévoles hors d’âge. Un peu comme si la France voulait oublier cette partie de son histoire.
J’aurais pu vous parler que, sur la route du retour, j’ai pris des petits chemins. Pis je me suis ramassée à Vendôme. Il y avait deux étoiles dans mon guide Michelin et je comprends pourquoi. Pis le pire, c’est que je me suis juste trimballée en char dans les rues avoisinant le boutte piéton. Je suis en train de me dire qu’il va falloir que j’y retourne… Mais je vais manquer de temps, bazwell.
Mais je vais plutôt vous parler de ma soirée. Quand je suis arrivée, il y a déjà deux semaines, Anne-Cécile et Tanguy, les (presque) voisins étaient venus prendre un verre, avec Brigitte et Pierre (que j’ai revu hier). Il était convenu que ce soir, j’allais prendre l’apéro chez Anne-Cécile et Tanguy. Comme prévu, je suis arrivée chez eux à 19h et j’en suis repartie à 22h30. Mettons que l’apéro s’est éternisé…
C’est ça que j’aime (entre autres…) des échanges de maison. Oui, je peux jaser un peu avec la personne à l’accueil à l’hôtel ou à l’office de tourisme, mais ça demeure limité. Pendant l’échange en Bretagne, il y a quelques semaines, j’avais longuement jasé avec Jean-François, Aurélie et les garçons, comme j’avais aussi jasé avec Éric et Marie avant qu’ils ne partent. Bien que j’adore ces jases-là, ça demeure qu’en une soirée, on se parle de nos voyages respectifs (ce que j’aime, ne vous méprenez pas!). Mais là, ce soir, pas de voyage dans nos discussions, ou si peu. On a jasé de vin (parce que Tanguy et Anne-Cécile ont une petite parcelle qu’ils exploitent – 3000 bouteilles annuellement – et qu’ils sont des œnologues), d’éducation, de politique locale, américaine et canadienne, de guerre, de livres, de films, de soutenance de thèse… On a un peu refait le monde. Qu’est-ce que ça a été agréable.
Il est déjà convenu qu’ils m’amènent à la gare vendredi prochain. Je souhaitais y être pour souper, étant donné que je n’aurai plus grand-chose à manger ici. «Mais non, viens souper ici et on t’amène à la gare ensuite!» C’est aussi un peu ça, les échanges: créer des liens malgré moi, parce que c’est juste le fonne d’échanger. Et, peut-être, de garder des contacts par la suite (mes Alsaciens pourront en témoigner!).
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