mercredi 5 août 2026

Un peu d'histoire

C’est aujourd’hui que je joue au prof. C’est qu’on est allées visiter, un peu par hasard (on a vu un dépliant sur une table à l’hôtel), le musée de la Résistance de Bretagne.

Quand la France a été envahie, plus d’un million de personnes qui habitaient le nord et l’est de la France se sont poussées. Ils croyaient que la Bretagne ne serait pas envahie par les troupes allemandes. Erreur. La Bretagne a été envahie… Elle a même beaucoup servi pour le Mur de l’Atlantique qui devait protéger la France – et l’Europe – d’une invasion américaine par la mer. Les bases sous-marines de Brest, Lorient, Saint-Nazaire, La Rochelle et Bordeaux en témoignent.

Les Bretons ont été rapidement interpelés par l’appel du 18-Juin du Général de Gaulle, alors posté à Londres: vous devez résister. Ce qu’ils ont fait! De nombreux pêcheurs sont partis pour l’Angleterre. Les autres ont organisé des réseaux de résistance et d’infiltration, travaillé à l’exfiltration de pilotes tombés sur le territoire, accueilli les réfugiés qui venaient d’ailleurs, pris soin des enfants qui avaient perdu leurs parents pendant l’exode, défriché un territoire pour permettre le largage de vivres et de matériel militaire, travaillé clandestinement à la mise sur pied d’un réseau qui allait permettre aux Bretons de survivre. Parmi ces réseaux, le maquis de Saint-Marcel, là où est situé le musée. Le maquis de Saint-Marcel a été anéanti à la fin de juin 1944, après d’âpres combats à armes inégales.

Dans le musée, il y avait des artéfacts de l’époque: des carnets d’engagement des jeunes Bretons qui ont rejoint le maquis ou les Forces françaises libres (FFL) dirigées par de Gaulle depuis l’Angleterre, une Gestetner qui imprimait des tracts interdits, les carnets des Français envoyés en Allemagne pour y travailler (le STO, le service du travail obligatoire), des fausses cartes d’identité pour les résistants, des tickets de rationnement, des véhicules…

On voit bien, pendant la visite, le déchirement des populations. Si peu d’habitants ont été des collaborateurs, les messages venus de Vichy (et du maréchal Pétain) étaient tellement culpabilisants pour les Français. C’est comme s’ils n’avaient pas le choix de collaborer. Peu de Bretons l’ont fait.

Un petit film m’a troublé (et a troublé Sylvie itou): deux frères qui, partis à la guerre à différents moments dans différentes troupes, se sont retrouvés à la fin en ayant le sentiment du devoir accompli. Et pendant tout ce temps, doit-on s’en réjouir un peu, les Juifs de Bretagne n’ont pas tout à fait subi le même sort que leurs compatriotes du reste de l’Europe; le discours antisémite a eu un écho limité.

«Bientôt on va recevoir l’ordre d’aller se battre et de faire sauter les points stratégiques. Je pense que nous n’aurons pas beaucoup de chances d’en ressortir. Je m’excuse ma très chère maman de te faire de la peine, mais je ne crois pas que tu revoies ton fils qui t’a fait bien du chagrin. Donc quand tu recevras cette lettre, c’est que je serai mort. Je mourrai mais heureux d’être mort pour le plus beau pays du monde: la France.»
Alain Chabas, combattant des FFI du Finistère. Testament fait le 2 aout 1944, à Saint-Goazec. Chabas est mort deux jours plus tard. Il avait 18 ans.

« Nous ne voulons pas être considérés comme des héros. L’idéal pour moi était de construire un monde meilleur. Nous avons combattu volontairement, personne de nous a obligés à entrer dans la Résistance, mais grâce à ce que nous avons fait, la France, avec toutes ses imperfections, est un pays libre : n’oubliez jamais que les libertés, la démocratie, les droits de tous ne sont jamais gagnés une fois pour toutes… »
Marie-Louise Kergourlay, Internée résistante

 

La guerre se termine, on le sait, le 8 mai 1945. Il va falloir reconstruire et se reconstruire.

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